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Fable · HSK 7

Le prix d'un toit

Épuisé par une vie de chasse où un jour de festin était suivi d'un jour de famine, un vieux loup se tient sur la crête et contemple avec envie la vie douce et chaude du village en contrebas. Quand une sorcière lui propose de le changer en homme en échange de sa liberté, le loup accepte sans hésiter. Ce n'est qu'une nuit, en entendant hurler les siens au fond de la forêt, qu'il mesure combien précieux était ce qu'il a cédé.

Sur la crête, face au village

深秋的傍晚,一只老狼趴在上,舔着前爪上一道还没好的伤口。

shēnqiūdebàngwǎn,yìzhīlǎolángpāzàishānjǐshàng,tiǎnzheqiánzhuǎshàngyídàoháiméihǎodeshāngkǒu。

Par un soir de la fin de l'automne, un vieux loup était couché sur la crête de la montagne et léchait une blessure encore ouverte à sa patte avant.

它已经两天没吃东西了,肚子饿得发慌,山风一吹,浑身的毛都立了起来。

tāyǐjīngliǎngtiānméichīdōngxīle,dùzièdéfāhuāng,shānfēngyìchuī,húnshēndemáodōulìleqǐlái。

Il n'avait rien mangé depuis deux jours, la faim lui tordait le ventre, et quand le vent de la montagne soufflait, tous ses poils se hérissaient.

山脚下的村庄亮起了一盏盏灯,烟囱里冒出,隐约还飘来一阵炖肉的香味。

shānjiǎoxiàdecūnzhuāngliàngqǐleyìzhǎnzhǎndēng,yāncōnglǐmàochūchuīyān,yǐnyuēháipiāoláiyízhèndùnròudexiāngwèi。

Au pied de la montagne, le village s'illuminait lampe après lampe, la fumée des foyers montait des cheminées, et l'on devinait même un parfum de viande mijotée.

Vieux loup

“看看人家,”老狼盯着那片灯火嘟囔,“天一黑就有热饭热汤,哪像我,连下顿在哪儿都不知道。”

“kànkànrénjiā,”lǎolángdīngzhenàpiàndēnghuǒdūnāng,“tiānyìhēijiùyǒurèfànrètāng,nǎxiàngwǒ,liánxiàdùnzàinǎrdōubùzhīdào。”

« Regardez-les, » grommela le vieux loup en fixant ces lumières, « dès que la nuit tombe, ils ont un repas chaud et une soupe chaude. Pas comme moi, qui ne sais même pas où sera mon prochain repas. »

它越看越,连那道伤口的疼都忘了,直到月亮爬上了树梢。

tāyuèkànyuèyǎnrè,liánnàdàoshāngkǒudeténgdōuwàngle,zhídàoyuèliàngpáshàngleshùshāo。

Plus il regardait, plus l'envie le dévorait, au point d'en oublier la douleur de sa blessure, jusqu'à ce que la lune se hisse à la cime des arbres.

L'offre de la sorcière

第二天清早,一个的老太婆从林子里钻出来,眯着眼笑,仿佛早就听见了它夜里那番话。

dìèrtiānqīngzǎo,yígèzhǔzheguǎizhàngdelǎotàipócónglínzilǐzuànchūlái,mīzhuóyǎnxiào,fǎngfúzǎojiùtīngjiànletāyèlǐnàfānhuà。

Tôt le lendemain matin, une vieille femme appuyée sur une canne surgit du bois, les yeux plissés, souriante, comme si elle avait entendu tout ce qu'il avait dit pendant la nuit.

Sorcière

“想过那种日子,是吧?”老太婆压低了声音,“我能把你变成人,住进村里,吃饱穿暖。”

“xiǎngguònàzhǒngrìzi,shìba?”lǎotàipóyādīleshēngyīn,“wǒnéngbǎnǐbiànchéngrén,zhùjìncūnlǐ,chībǎochuānnuǎn。”

« Tu aimerais vivre comme ça, n'est-ce pas ? » dit la vieille en baissant la voix. « Je peux te changer en homme : tu irais habiter au village, tu mangerais à ta faim et tu aurais chaud. »

Vieux loup

“真的?那我要拿什么换?”狼的耳朵一下子竖了起来,往前凑了半步。

“zhēnde?nàwǒyàonáshénmehuàn?”lángdeěrduoyíxiàzishùleqǐlái,wǎngqiáncòulebànbù。

« C'est vrai ? Et que devrai-je donner en échange ? » Les oreilles du loup se dressèrent d'un coup, et il avança d'un demi-pas.

Sorcière

“也不要多,”她伸出干瘦的手指点了点它的胸口,“就拿你那身想跑就跑的自由来换,公平吧?”

“yěbúyàoduō,”tāshēnchūgānshòudeshǒuzhǐdiǎnlediǎntādexiōngkǒu,“jiùnánǐnàshēnxiǎngpǎojiùpǎodezìyóuláihuàn,gōngpíngba?”

« Pas grand-chose, » dit-elle en tendant un doigt sec pour lui tapoter la poitrine, « seulement cette liberté qui est la tienne, celle de courir dès que l'envie t'en prend. C'est équitable, non ? »

Vieux loup

“换!”它想都没想就答应了,满脑子全是那碗热汤,根本没把“自由”两个字放在心上。

“huàn!”tāxiǎngdōuméixiǎngjiùdāyingle,mǎnnǎoziquánshìnàwǎnrètāng,gēnběnméibǎ“zìyóu”liǎnggèzìfàngzàixīnshàng。

« Marché conclu ! » Il accepta sans même réfléchir, l'esprit tout entier occupé par ce bol de soupe chaude ; le mot « liberté » ne lui avait pas effleuré le cœur.

Vivre au village

魔法一过,狼成了村里一个年轻力壮的长工,住进了一间带屋顶的小屋。

mófǎyíguò,lángchénglecūnlǐyígèniánqīnglìzhuàngdechánggōng,zhùjìnleyìjiāndàiwūdǐngdexiǎowū。

Une fois le sortilège achevé, le loup devint un jeune et robuste valet de ferme du village, et s'installa dans une petite cabane avec un toit.

头几天,他确实吃得饱、睡得暖,可没过多久就觉得处处都不对劲。

tóujǐtiān,tāquèshíchīdébǎo、shuìdénuǎn,kěméiguòduōjiǔjiùjuédechùchùdōubúduìjìn。

Les premiers jours, il mangea bien et dormit au chaud, mais il ne tarda pas à sentir que tout sonnait faux.

Propriétaire

“天没亮就得起来挑水,吃饭要等大伙儿一起,门口那条狗见了你都不许追。”主人一条一条交代。

“tiānméiliàngjiùdéqǐláitiāoshuǐ,chīfànyàoděngdàhuǒryìqǐ,ménkǒunàtiáogǒujiànlenǐdōubùxǔzhuī。”zhǔrényìtiáoyitiáojiāodàiguījǔ。

« Il faut se lever avant l'aube pour aller chercher l'eau, on attend que tout le monde soit là pour manger, et le chien devant la porte, tu n'as pas le droit de lui courir après, même s'il te voit. » Le maître énuméra les règles une à une.

夜里躺在床上,他睡不着,老想起从前在山里追着风跑、想停就停的那股痛快劲儿。

yèlǐtǎngzàichuángshàng,tāfānláifùqùshuìbùzhe,lǎoxiǎngqǐcóngqiánzàishānlǐzhuīzhefēngpǎo、xiǎngtíngjiùtíngdenàgǔtòngkuàijìnr。

La nuit, couché dans son lit, il se retournait sans parvenir à dormir, repensant sans cesse à l'époque où il courait après le vent dans la montagne et s'arrêtait quand il voulait : quel bonheur c'était !

Loup (devenu homme)

“饭是有了,”他对着黑黢黢的屋顶低声说,“可这心里头,怎么的,比饿肚子还难受。”

“fànshìyǒule,”tāduìzhehēiqūqūdewūdǐngdīshēngshuō,“kězhèxīnlǐtou,zěnmekōngluòluòde,bǐèdùziháinánshòu。”

« À manger, j'en ai maintenant, » dit-il à voix basse au toit tout noir, « mais pourquoi ce vide dans mon cœur, plus pénible encore que la faim ? »

Le hurlement dans la nuit

一个起风的夜里,山那头忽然传来一声长长的,接着又是一声,一声接一声。

yígèqǐfēngdeyèlǐ,shānnàtóuhūránchuánláiyìshēngchángchángdelángháo,jiēzheyòushìyìshēng,yìshēngjiēyìshēng。

Une nuit de vent, un long hurlement de loup retentit soudain de l'autre côté de la montagne, puis un autre, et encore un autre, sans fin.

他猛地从床上坐起来,心跳得厉害,喉咙里竟不由自主地想跟着应上一声。

tāměngdìcóngchuángshàngzuòqǐlái,xīntiàodélìhài,hóulónglǐjìngbùyóuzìzhǔdìxiǎnggēnzheyìngshàngyìshēng。

Il se redressa brusquement dans son lit, le cœur battant à tout rompre, et sa gorge, malgré lui, brûlait de répondre.

那一刻他全明白了:原来他要的从来不是一间小屋,而是想跑就跑、想嚎就嚎的那条命。

nàyíkètāquánmíngbáile:yuánláitāyàodecóngláibúshìyìjiānxiǎowū,érshìxiǎngpǎojiùpǎo、xiǎngháojiùháodenàtiáomìng。

À cet instant, il comprit tout : ce qu'il avait toujours voulu, ce n'était pas une petite cabane, mais cette vie où l'on court quand on veut et où l'on hurle quand on veut.

Loup (devenu homme)

天还没亮,他就摸黑跑去敲老太婆的门:“把我变回去,要冷要饿我都认了,我不要这屋顶了!”

tiānháiméiliàng,tājiùmōhēipǎoqùqiāolǎotàipódemén:“bǎwǒbiànhuíqù,yàolěngyàoèwǒdōurènle,wǒbúyàozhèwūdǐngle!”

Avant même que le jour se lève, il courut à tâtons dans le noir frapper à la porte de la vieille : « Rends-moi comme j'étais ! Le froid, la faim, je supporterai tout, je ne veux plus de ce toit ! »

天亮时,一只老狼又出现在上,迎着冷风深深吸了一口气,朝那群同伴的方向纵身奔去。

tiānliàngshí,yìzhīlǎolángyòuchūxiànzàishānjǐshàng,yíngzhelěngfēngshēnshēnxīleyìkǒuqì,cháonàqúntóngbàndefāngxiàngzòngshēnbēnqù。

Au lever du jour, un vieux loup reparut sur la crête ; face au vent froid, il inspira profondément, puis s'élança vers la meute de ses congénères.

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